vendredi 20 novembre 2015

Et Vivre était sublime...


Hello! Voici mes mots d'amour préférés :)
J'espère qu'ils vous transporteront, comme ils me transportent à chaque lecture. 


LE REVEIL
Avant toi, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y avait des étoiles- des points de lumière et de raison... Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain, tout brulait, tout brillait, tout était beau.
Quand tu as eu disparu , quand le météore est tombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri. Rien n'avait changé, sauf que mes yeux étaient aveuglés par la lumière. Je ne distinguais plus les étoiles, et la raison ne signifiait rien.

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Le pire, c'est que j'ai vu ce qu'aurait été notre vie. Et que je meurs d'envie de l'obtenir, tout entière. J'ai envie de rester ici et de n'en partir jamais. J'ai envie de t'aimer et de te rendre heureux. Or, c'est impossible et ça me tue. Je n'ai jamais eu le choix. Voilà pourquoi, sans doute, j'ai tant lutté contre toi.
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Il était partout. Derrière mes paupières, le soleil rougeoya, couleur violente qui s'accordait à la chaleur de notre étreinte. Une brulure qui était, elle aussi, partout.
Je ne voyais, ne sentais, n'entendais plus rien qui ne fut lui. Le seul neurone qui me restait entreprit de hurler des questions.
Pourquoi ne mettais-je pas un terme à cela? Pire, pourquoi ne désirais-je pas y mettre un terme? Pour quelle raison mes mains agrippaient elles ses épaules, appréciaient elles que ces dernières soient carrées et fortes?
Questions idiotes. La réponse était simple: je m'étais menti à moi même.
Il avait raison. Depuis le début. Il était plus que mon ami. Voilà pourquoi il m'était impossible de lui dire au revoir. Je l'aimais aussi. Je l'aimais d'amour. Je l'aimais plus qu'il n'aurait fallu, mais d'un amour hélas insuffisant pour changer quoi que ce soit, juste assez puissant pour nous blesser tous deux. Pour le blesser comme jamais.
Sa douleur était la mienne, son bonheur était le mien aussi. J'étais heureuse bien que son contentement fut teinté d'un chagrin presque tangible, qui m'irradiait la peau comme de l'acide, lente torture.

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Deux futurs, deux âmes soeurs... C'était trop pour une seule personne. Et si injuste que je ne serais pas la seule à régler la note. Sa souffrance me paraissait un prix trop élevé.
Si je n'avais pas perdu E déjà une fois, si j'avais ignoré ce qu'était vivre sans lui, aurais-je ainsi hésité? Aucune idée.

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Il est comme une drogue pour toi, reprit il. J'aurais été plus sain pour toi. Je n'aurais pas été une drogue, mais ton air, ton soleil.
Malheureusement, je peux combattre les nuages... pas une éclipse.

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Si tous les autres mouraient mais que lui restait, je continuerais d'être; si tous les autres survivaient mais que lui disparaissait, l'univers me deviendrait étranger.
Stephenie Meyer.

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Par un paradoxe étrange , la contemplation de mes émotions m'avait mise à l'abri des souffrances que j'appellerais tangibles, parce qu'elles ont une origine définie, j'étais une machine à ressentir, pleurant quand je voulais pleurer, riant quand je voulais rire. Mais la douleur occasionnée par la perte de cet homme n'était pas contrôlable; par exemple ce qui me fait le plus mal quand je pense à lui,c'est de ne pas savoir où regarder, et de regarder le ciel. 

HELL, Lolita Pill.
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Je  rêve que nous sommes des papillons n'ayant à vivre que trois jours d'été. Avec vous, ces trois jours seraient plus plaisants que cinquante années d'une vie ordinaire.
John Keats


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L'inattendue, et l'attendue. 

Les autres mettent des semaines et des mois pour arriver à aimer, et à aimer peu, et il leur faut des entretiens et des goûts communs et des cristallisations. Moi, ce fut le temps d’un battement de paupières. Dites moi fou, mais croyez-moi. Un battement de ses paupières, et elle me regarda sans me voir, et ce fut la gloire et le printemps et le soleil et la mer tiède et sa transparence près du rivage et ma jeunesse revenue, et le monde était né. 
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 Ô élancée, ô ses longs cils recourbés dans la glace, et mon âme s’est accrochée à ses longs cils recourbés. Un battement de paupières, le temps d’un baiser sur une glace, et c’était elle, elle à jamais.


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Ô elle dont je dis le nom sacré dans mes marches solitaires et mes rondes autour de la maison où elle dort, et je veille sur son sommeil, et elle ne le sait pas, et je dis son nom aux arbres confidents, et je leur dis, fou des longs cils recourbés, que j’aime et j’aime celle que j’aime, et qui m’aimera, car je l’aime comme nul autre ne saura.
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 Aimé, hier soir je lisais un livre et soudain je me suis aperçue que je ne comprenais rien et que je pensais à vous. Mon amour, s'entendait-elle murmurer. Vous voyez, mon chéri, disait-elle alors à l'absent, vous voyez, même quand je ne pense pas à vous, en moi ça pense à vous.


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 A l'aurore, il la quittait doucement, attentif à ne pas la réveiller, allait chez lui. Parfois, ouvrant les yeux, elle protestait. Ne me quitte pas, gémissait-elle. Mais il s'arrachait aux bras qui le retenaient vaguement, la rassurait, lui disait qu'il reviendrait bientôt. Ces départs du matin, c'était parce qu'il ne voulait pas être vu moins parfait, non rasé et non baigné. 


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 Pour la première fois vue et aussitôt aimée, noble parmi les ignobles apparue, toi et moi et nul autre en la cohue des réussisseurs et des avides d'importances, nous deux seuls exilés, toi seule comme moi et comme moi triste et de mépris ne parlant à personne, seule amie de toi-même, et au premier battement de tes paupières, je t'ai connue, c'était toi, l'inattendue et l'attendue, aussitôt élue en ce soir de destin, élue au premier battement des longs cils recourbés, toi. 


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 Elle se précipita lorsque la sonnette retentit. Mais arrivée dans le vestibule, elle fit demi-tour. Avait-elle bien enlevé la poudre ? De retour au salon, elle resta devant la glace, s'y regarda sans s'y voir. Le sang battant à ses oreilles, elle se décida enfin, s'élança, faillit tomber, ouvrit la porte. Comment allez-vous ? lui demanda-t-elle avec le naturel d'un chanteur d'opéra faisant du parlé. La respiration difficile, elle le précéda dans le salon. Un sourire immobile posé sur ses lèvres, elle lui indiqua un fauteuil, s'assit à sont tour, tendit le bas de sa robe, attendit. Pourquoi ne lui parlait-il pas ? Lui avait-elle déplu ? Il restait peut-être de la poudre. Elle passa sa main sur son nez, se sentit dépourvue de charme. Parler ? Sa voix serait enrouée, et s'éclaircir la gorge ferait un bruit affreux. Elle ne se doutait pas qu'il était en train d'adorer sa gaucherie et qu'il gardait le silence pour la faire durer. Lèvres tremblantes, elle lui proposa une tasse de thé. Il accepta avec impassibilité. Guindée, les joues enflammées, elle versa du thé sur le guéridon, dans les soucoupes, et même dans les tasses, demanda pardon, tendit ensuite d'une main le petit pot à lait de l'autre les rondelles de citron. Laine ou coton ? demanda-t-elle. Il eut un rire, et elle osa le regarder. Il eut un sourire, et elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement, qu'elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils étaient ridicules, ils étaient fiers et beaux, et vivre était sublime. 


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 Etrange, il y a quelques semaines je ne vous connaissais pas et maintenant que nos lèvres se sont unies un soir vous êtes le seul vivant, le seul qui compte. C'est un mystère.


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 S'il vous plaît tous les soirs regardez l'étoile polaire à 21 heures précises pendant trois minutes moi aussi à 21 heures je la regarderai pendant trois minutes et ainsi nos regards se rencontreront là-haut et nous serons ensemble. 

 BELLE DU SEIGNEUR, Albert Cohen.
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3 commentaires

  1. Très jolies paroles d'amour, merci d'avoir partagé <3

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  2. J'ai vraiment apprécié lire ces quelques lignes. L'amour est présent à travers chacun des mots et c'est ce qui fait toute l'authenticité de tes écrits! Bravo Georgia
    Je voulais également te faire part de mon admiration et de ma reconnaissance. Cela fait très plaisir de découvrir des personnes comme toi, qui font preuve d'une grande ouverture d'esprit et qui partagent la même vision du monde. Merci, tout simplement.
    Bisous

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  3. Je ne sais pas si tu l'as déjà fait mais ça m'intéresserais de connaitre tes livres préférés. Bisous

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